Ida : entre générosité et manque d'équilibre
- 19 oct. 2024
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Ce soir, c’est au cœur du 15e arrondissement de Paris que nous faisons halte, chez Ida, une petite table italienne nichée dans une rue tranquille. À l’arrivée, l’ambiance intimiste du lieu laisse espérer un moment chaleureux et feutré, mais dès l’entrée, la musique trop forte vient briser cette première impression. L’endroit est cosy, certes, mais l’atmosphère gagnerait à se faire plus douce, plus propice à la dégustation.
À peine installés, un détail attire notre attention : les verres à vin sont marqués, signe d’un essuyage approximatif. Un faux pas certes minime, mais révélateur d’un certain manque d’exigence dans le soin du service. Le serveur, souriant et professionnel, s’en rend compte et remplace aussitôt notre verrerie, un bon point pour la réactivité.
Côté carte, deux menus dégustation s’offrent à nous : l’un en cinq services (55 €), l’autre en sept. Nous choisissons le premier. La carte des vins, entièrement italienne, propose quelques belles références, mais les prix sont élevés au regard de la qualité. Nous nous laissons tenter par un rouge sicilien, agréable, mais qui ne justifie pas tout à fait son tarif.
La mise en bouche ouvre le bal avec un croustillant de risotto et une olive farcie au bœuf et au porc. Des bouchées plaisantes, sans fausse note, mais sans véritable originalité non plus. On reste sur des saveurs classiques, un peu timides.
L’entrée suivante rehausse un peu le niveau : un carpaccio de veau, accompagné de mayonnaise au thon et de pickles. L’ensemble est équilibré, frais, bien pensé. La viande est tendre, et les pickles apportent une acidité bienvenue. Un léger manque de sauce empêche l’assiette d’être pleinement gourmande, mais le plat fonctionne bien.
Vient ensuite une demi-burrata, posée sur une composition de légumes et une sauce au brocoli pimenté. Le fromage est le point fort de cette assiette. En revanche, la sauce au brocoli manque d’assaisonnement : le piment peine à réveiller le tout, la douceur domine sans relief.
Le cœur du repas se concentre sur les pâtes, avec deux plats au choix : carbonara, spécialité maison, ou linguines à la truffe. Nous goûtons les deux. Si les portions sont copieuses, les deux recettes partagent les mêmes écueils : des plats très salés, lourds, et peu nuancés. La générosité est là, mais la finesse fait défaut, et au fil des bouchées, une certaine lassitude s’installe.
Enfin, le dessert, présenté en verrine, vient clore le repas sans apporter de légèreté. Une mousse au chocolat, glace à la noisette, mascarpone façon tiramisu : chaque élément est bien exécuté, mais l’ensemble est trop dense et trop sucré. Après un menu aussi riche, on aurait espéré une note finale plus aérienne, plus fraîche.
Ida propose une cuisine italienne généreuse, sincère, bien ancrée dans la tradition, mais qui peine à se hisser à la hauteur des ambitions affichées. Si l’on ressent une envie de bien faire, l’exécution manque de constance, surtout en matière d’assaisonnement. Le cadre, charmant à première vue, est un peu gâché par une ambiance sonore inadaptée, et certains détails de service pourraient être plus soignés.
En somme, Ida séduira davantage les amateurs de cuisine italienne copieuse que ceux en quête de raffinement. Le rapport qualité-prix reste honnête pour la quantité, mais les produits nobles se font rares et la promesse d’un véritable voyage gastronomique reste partiellement tenue.
On ressort repu mais pas conquis, entre promesses italiennes et plats qui manquent de justesse.






















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