Griffes : un bistrot qui a du cœur (et de la viande)
- Paris

- 26 oct. 2024
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 juin 2025

Ce soir, les pas nous mènent jusqu’au Bistro Griffes, dernier né du tandem Léopold Imbert et Hippolyte Talaya, déjà salués pour leur adresse marine, Sables, dans le 16e arrondissement. Cette fois, cap sur la terre ferme : un hommage à la viande, un bistrot pour les carnivores.
La salle conserve l’âme chaleureuse des vieux repaires parisiens : bois sombre, éclairage feutré, et ambiance palpable. Rustique, mais avec une touche de raffinement discret. Le serveur nous accueille avec une bienveillance et un enthousiasme qui donnent envie de se laisser porter.
La carte des vins ne cherche pas l’éclat tape-à-l’œil, mais nous y dénichons un rouge du Pic Saint Loup, cuvée Tour de Pierres. En bouche, il déploie une matière dense, une fraîcheur maîtrisée, et ce charme solaire du sud qui chante les fruits mûrs sans jamais sombrer dans l’excès. Une belle trouvaille, toute en équilibre, qui promet de faire honneur à ce qui suivra.
Et déjà, un premier bonheur : le pain. Oui, le pain ! Parfaitement croustillant, mie aérée et parfumée, il ne se contente pas d’être là, il participe, il accompagne, il élève. Trop souvent négligé, ici, il se fait complice.
En entrée, nous choisissons les œufs bio frits nappés d’une mayonnaise à l’estragon. L’assiette séduit d’abord l’œil par sa générosité : le croustillant de la panure, le moelleux de l'œuf, la sauce veloutée… tout appelle la gourmandise. Mais si la texture est au rendez-vous, le goût peine à suivre. L’ensemble manque de nerf, de relief. Comme une promesse faite du regard, mais non tenue sur le palais.
Le camembert rôti, lui, joue la partition attendue sans grande surprise. Un morceau de pain grillé, un fromage fondant… une chaleur simple mais une portion un peu timide. Agréable, mais pas mémorable.
Puis viennent les plats. La bavette aux échalotes, escortée de paillassons de pommes de terre, offre une simplicité assumée, efficace et réconfortante. Le bœuf est tendre, la garniture bien pensée. Mais c’est le bœuf Wellington qui s’impose comme la pièce maîtresse du dîner. Un classique revisité sans excès : viande fondante, farce goûteuse, pâte dorée et croustillante, le tout lié par un jus réduit dense et savoureux. Une belle réussite, généreuse et sincère.
Au moment de quitter la table, un constat s’impose : Griffes nous a charmés. Peut-être moins inventif que son aîné marin, mais plus chaleureux, plus accessible, presque familial. Un lieu où l’on se sent bien, où l’on mange vrai, où l’on boit bon. Les entrées gagneraient à être plus abouties, certes, mais la générosité et le plaisir l’emportent.
Un bistrot de cœur et de viande, où l’on revient volontiers, ne serait-ce que pour cette farce fondante, ce pain délicieux, et ce rouge du sud qui sait parler à l’âme.
Griffes n’est pas parfait, mais il touche juste là où ça compte. Un bistrot chaleureux pour le plaisir simple de bien manger.


















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