Restaurant d'Émilie et Thomas : étoile pâle au bord de l’eau
- Aveyron
- 1 sept. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 juin 2025

Dernière étape de notre périple : le restaurant d'Émilie et Thomas, au sein du Moulin de Cambelong. Une table étoilée en 2024 nichée au bord de l’eau, que nous avons choisie pour clore notre séjour sur une note d’exception. Sur le papier, le cadre idyllique et la promesse d’une cuisine signée par un duo réputé, Émilie et Thomas, avaient tout pour nous séduire.
L’arrivée est toutefois un peu froide. L’accueil manque de chaleur. On nous propose néanmoins de prendre l’apéritif sur la terrasse au bord de la rivière : une belle attention, que nous acceptons volontiers pour profiter de la douceur du lieu. Quelques mises en bouche bien exécutées accompagnent ce moment : poireau fondant au curry, thon mi-cuit, sablé au comté... Le tout est plaisant, soigné, sans être particulièrement inventif. En revanche, le vin commandé n’arrive qu’après notre installation à table, ce qui laisse un goût d’inachevé à ce premier moment de détente.
Vient alors une déception côté menu : en réservant un pack hôtel + dîner, nous découvrons que le menu imposé est le “Molin” à 91 €, exclusivement composé de légumes et de volaille, loin des produits nobles qu’on pourrait attendre d’un tel établissement. Pour éviter la frustration, nous décidons de passer au menu Ribiera à 111 €, qui promet truffe et caviar sur sept services.
La carte des vins est assez complète, même si le choix de champagnes reste restreint. Nous optons pour un Savigny-lès-Beaune blanc, qui accompagnera le repas avec élégance.
Le dîner s’ouvre sur une assiette de tagliatelles d’encornet à la persillade, blinis de sarrasin et caviar. Une entrée sobre mais bien exécutée dans les textures. Le caviar apporte une touche iodée bienvenue, même si l’assaisonnement général reste trop discret pour réellement marquer le palais.
Suit un bar de ligne, baselle et poutargue, nappé d’une sauce fine. L’équilibre des saveurs est soigné, mais la cuisson du poisson est malheureusement ratée : trop cuit, sec, il perd de sa noblesse. Un loupé regrettable, d’autant plus que le reste du plat est maîtrisé.
Le troisième service, un beignet de risotto à la truffe d’été et fleur de courgette, séduit par sa gourmandise, mais manque de légèreté. La friture prend le dessus sur la délicatesse de la fleur, et la truffe reste trop discrète pour justifier sa promesse.
En revanche, la quatrième assiette relève le niveau : une huître chaude de Gillardeau, ventrèche croustillante, tomate confite et écume iodée. Un bel équilibre terre-mer, des textures parfaitement orchestrées, et une cuisson de l’huître irréprochable. Enfin, une vraie signature gastronomique, qui nous reconnecte brièvement à l’étoile du lieu.
Mais cette envolée est de courte durée : le bœuf d’Aubrac, annoncé comme un faux-filet, ressemble davantage à une bavette filandreuse. La viande manque de tendreté, et malgré un bel accompagnement (aubergine et basilic bien traités), le plat déçoit par son imprécision.
Le plateau de fromages arrive, chacun accompagné de son condiment. L’intention est bonne, mais les associations tombent à plat : les condiments dominent au lieu de sublimer, étouffant parfois les subtilités des fromages.
Enfin, les desserts se succèdent, sans vraiment convaincre. Seul un cheesecake au concombre, léger et inattendu, retient notre attention. Le reste, melon au miel trop sucré, fromage blanc sans relief, bûchette chocolatée écœurante, alourdit la fin du repas.
En somme, si le cadre est enchanteur, et certains plats révèlent une belle technique, l’ensemble manque de cohérence et de rigueur pour un établissement étoilé. Le service, un peu distant, n’a pas su rattraper les quelques fausses notes de l’assiette. Ce dîner, que nous espérions comme l’apothéose de notre voyage, nous laisse un goût d’inachevé.
Un joli décor, des ambitions élevées — mais dans l’assiette comme en salle, trop de flous pour un lieu qui se dit d’exception.




















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