La Barra de Canabota : Ode à la Mer Andalousienne
- Andalousie
- 13 avr. 2025
- 2 min de lecture

Au détour d’un labyrinthe de ruelles sévillanes, nous découvrons La Barra de Canabota. Ce petit bar à poissons et fruits de mer, cité par le Guide Michelin, se présente d’abord comme une promesse discrète, une invitation à goûter la mer dans toute sa simplicité noble.
Dès que nous poussons la porte, l’ambiance nous enveloppe. Le comptoir s’ouvre sur une cuisine à ciel ouvert, où les chefs, en gestes silencieux et concentrés, orchestrent un ballet de parfums : l’odeur saline du poisson frais se mêle aux notes enivrantes du feu, aux éclats d’agrumes et aux herbes vagabondes. L’atmosphère est vivante, empreinte de cette énergie andalouse, vibrante sans être tumultueuse.
Le service nous guide dans cet univers gustatif. Notre serveur, enthousiaste et souriant, nous présente la carte. Nous choisissons d’accompagner ce voyage avec un champagne Dumont-Terrillon, cuvée Deux A : ses bulles, expressives et délicates, se déploient en bouche avec la douceur d’abricots confits et la fraîcheur d’une minéralité subtile.
Le premier acte s’ouvre sur un carpaccio de poisson blanc, tranché avec précision, sublimé par une mayonnaise aux agrumes et rehaussé par le croquant discret de salicorne. La fraîcheur iodée et l’acidité parfaitement dosée dessinent une entrée limpide et prometteuse.
Mais c’est le véritable coup de cœur qui vient ensuite : un carpaccio de crevettes, d’une finesse exquise. Fondantes et presque sucrées, elles s’habillent d’une huile torréfiée qui évoque le pain grillé. Un moment suspendu, où chaque bouchée semble conter un secret ancien de la mer.
Les plats suivants, plus classiques, viennent parfaire cette symphonie gustative. Une tartine de sardine grillée se montre franche et authentique, tandis que des croquetas aux algues et aux épinards allient le croustillant à la tendresse, apportant une rondeur discrète à l’ensemble sans jamais voler la vedette aux pièces maîtresses déjà savourées.
Pour conclure ce repas en douceur, des palourdes en persillade se parent d’un jus de vin blanc délicatement assaisonné. Rien de révolutionnaire ne vient troubler cette harmonie ; tout est là, en juste proportion, pour laisser l’empreinte d’un plaisir sincère et généreux.
En quittant La Barra de Canabota, nous réalisons que notre halte improvisée s’est transformée en une véritable ode à la mer, en une célébration authentique des trésors qu’elle recèle. Sans artifice ni prétention, le lieu nous a dévoilé sa magie par la qualité de ses produits et le soin apporté à leur préparation. Un voyage gustatif simple et noble, qui nous laisse le souvenir d’une escapade andalouse enchanteresse.
Un dîner comme une marée douce : sans éclat tapageur, mais d’une vérité rare. La mer, simplement, et c’est bien assez.




















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